France Culture – A voix nue, une émission qui recueille les paroles, les réflexions de celles et ceux qui marquent notre temps, du lundi au vendredi de 20h à 20h30.

Ecouter Roland Castro – « Le lien et le lieu », une série en 5 épisodes de 30 mn
- 29/05/17 – Né « exterminable »

– 30/05/17 – Des Beaux-Arts à Cuba, de l’architecture à la Révolution
– 31/05/17 – Comprendre mai 68
– 01/06/17 – Banlieues 89 : écrire un nouveau récit
– 02/06/17 – Le Grand Paris, une utopie concrète

 

1/5- Né « exterminable »29 mai 2017 (30’)
Roland Castro est né en 1940, dans une famille juive, ce qui lui fait dire qu’il est né « exterminable ». La guerre passée à se cacher dans la région de Limoges, il revient à Paris avec sa famille. Premier choc urbain, il sort dès qu’il peut du petit appartement familial où l’intimité est impossible. Pour lui, l’intime ce sera donc la ville. Une expérience fondatrice qui va marquer sa vie d’architecte. D’ailleurs il le dit : « tout bâtiment est autobiographique ». L’idée n’aurait sans doute pas déplu à Jacques Lacan, le grand psychanalyste qui l’a suivi plusieurs années. Plongée ce soir dans l’enfance et la psychanalyse.
2/5- Des Beaux-Arts à Cuba, de l’architecture à la Révolution30 mai 2017 (30’)
Architecture et militantisme se confondent dès le début chez Roland Castro. Entré aux Beaux-Arts au début des années 60, il découvre un enseignement sclérosé, au cours duquel les architectes n’apprennent pas à construire des logements mais passent leur temps à imaginer des villas. Le prix de Rome continue de peser sur la commande. Il faudra donc « apprendre contre les maîtres ». Cela donne lieu à une grande grève dont Roland Castro est l’un des meneurs en 1966, prémisse des événements de mai 68 qui vont bouleverser l’enseignement. Il faut dire que l’homme a été à bonne école : militant révolutionnaire, il s’était rendu à Cuba en mai 61. Il en revient avec une obsession : ne pas être l’un de ces « architectes aristocrate », ne pas être « un chien de garde de la bourgeoisie ».
3/5- Comprendre mai 6831 mai 2017 (30’)
Mai 68 fait de Roland Castro un chef, un meneur. Intégré au sein de l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes, les très intellectuelles UJC (ml), il se voit confier la tâche de raccrocher l’organisation à un événement qui a d’abord été méprisé. La première prise de parole en public dans un amphithéâtre de Nanterre sera une révélation. Après cette « Révolution », vient l’obsession de comprendre, d’expliquer mai 68. Roland Castro fonde avec d’autres Vive la Révolution (VLR), un mouvement qui va insister sur la dimension sociale de l’événement, quand d’autres en font une lecture plus politique et basculent dans la violence. Castro s’y refuse et dissout VLR. On est au début des années 70, la crise du logement bat son plein. L’architecte qui honnit les Grands Ensembles s’attelle donc à repenser la ville. Comme enseignant puis comme bâtisseur.
4/5- Banlieues 89: écrire un nouveau récit urbain — 1er juin 2017 (30’)
Comment réintégrer les banlieues au tissu urbain ? C’est la question qui a obsédé Roland Castro toute sa vie. Pensées comme des espaces à part, cloisonnées par le Mouvement Moderne qui proposait de séparer les lieux de vie, de loisir, de travail et de mobilité… la banlieue est et reste le problème urbanistique premier en France. L’arrivée au pouvoir des socialistes en mai 81 donne un espoir. Très vite Roland Castro se retrouve à la tête d’un projet pour « réenclaver » les périphéries dans la ville : ce sera Banlieue 89. L’expérience se prolonge comme « délégué à la rénovation des banlieues », poste qu’il occupe à partir de 1986. Mais les espoirs se heurtent vite à la réalité du politique.
5/5- Le Grand Paris, une utopie concrète — 2 juin 2017 (30’)
En 1990, Roland Castro publie Les cinq paris du Grand Paris, les objectifs sont clairement affichés : résoudre la crise du logement, désenclaver les quartiers populaires, favoriser un développement économique soutenu, développer un territoire durable économiquement, écologiquement et socialement. Et pour ça il imagine le concept de « centralité périphérique ». Pour repenser la ville, il ne faut plus l’articuler autour d’un centre unique selon Castro. Une idée qui a encore du mal à passer… une « utopie concrète ».